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Photomed 2011 - Les Artistes

Claude Nori et Alain Kantarjian

Claude Nori
Le voyage amoureux
Ile de Bendor - Salle Patmos & Mykonos

Claude Nori est par excellence le photographe de la Méditerranée. On lui doit de nombreux ouvrages, dont Vacances à l’italienne et Stromboli. Stromboli, c’est le récit photographique d’un voyage plus magique que réel : "une première fois, je me suis embarqué pour Stromboli, écrit-il, émerveillé comme un enfant ouvrant les pages d’un album, afin de retrouver dans les paysages et les couleurs ses personnages préférés. Les miens étaient en noir et blanc et, dans la fureur du volcan et de la lave, se cachaient les amours tumultueuses de Rossellini et de Bergman. Puis, dans un deuxième voyage, j’ai pris la main de la femme que j’aimais et l’île, tout à coup, s’est mise étrangement à lui ressembler".

L’amour, c’est aussi le thème de Vacances à l’italienne, ces plages où se retrouvent, le temps d’un été, filles et garçons dans l’éclat de leur beauté et de leur jeunesse. À l’occasion de cette première édition de Photomed, Claude Nori a accepté de se replonger dans les images de ses deux livres publiés dans les années 1980 et de nous faire revivre, à travers elles, la fragile, pudique et éphémère émotion des "premières fois".

Alain Kantarjian
Sur les traces d’Henri Matisse à Tanger
Galerie Barthélemy de Don

Photographe, vidéaste et sculpteur, Alain Kantarjian est né à Beyrouth en 1970. Cette exposition est le fruit d’un travail à la fois documentaire et poétique sur le mythique Grand Hôtel Villa de France à Tanger. Ce bâtiment bâti au XIXe siècle a été fréquenté par de nombreuses personnalités, dont Henri Matisse qui a peint, entre autres, en 1912, la baie de Tanger à partir de la chambre n° 35. À l’abandon depuis de longues années, cet hôtel est aujourd’hui en voie de réhabilitation.

À travers des photographies en couleur, Alain Kantarjian nous offre une promenade insolite dans un lieu encore intact, mais déserté. Comme l’écrit dans sa préface Gustave de Staël : « La villa, en tant que résidence diplomatique, fut bâtie il y a 150 ans. Elle fut un havre d’où apprivoiser les alentours et une civilisation encore méconnue. Elle représentait la France et sa vision, d’où le nom de Grand Hôtel Villa de France au moment où elle devint une destination pour voyageurs. Qui oubliera que des intempéries tangéroises contraignirent le peintre Henri Matisse à rester dans sa chambre et à donner, à partir de sa fenêtre, une vision tout autre du monde ? Une peinture aura su cadrer l’esprit d’un pays, donnant son futur à la désaffection de ce lieu.

Ces vues témoignent des traces ultimes, elles restent, à l’instar du mouvement de déconstruction et de construction de toute vie, une illustration de l’universel. "Rien n’aura eu lieu que le lieu" écrivait Mallarmé. "Sur un désoeuvrement, elles évoquent une beauté triste qu’une lumière diffuse éclaire."

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