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Les contes de Peyraud II

Entretien avec Lulu

Entrée en religion !
L'assemblée générale extraordinaire du 29 novembre 1941 apporte plusieurs modifications dans la définition du syndicat qui prend le nom de “Syndicat de Défense des vins de Bandol“ dont Louis Perrone prend la présidence (André Roethlisberger étant empêché en raison de sa nationalité suisse), Lucien Peyraud entre au conseil d'administration. Les circonstances l'avaient jusqu'alors tenu à l'écart des activités syndicales, en 1939 il faisait la “drôle de guerre“, et ne s'occupait pas encore de la gestion du domaine Tempier. Au sein du syndicat Lucien Peyraud fera partie de la commission de dégustation présidée par André Roethlisberger avec qui il va former un véritable tandem au service de la qualité.

A la fin de la guerre, suite au décès de Louis Perrone, L ucien Peyraudest élu pour 3 ans à la présidence du syndicat, il y sera régulièrement reconduit pendant 37 ans. Ce qu'il ignorait à l'époque, c'est que cette élection était une véritable entrée en religion. Désormais il y consacrera une grande partie de son temps, de son énergie, de son imagination pour persuader ses amis vignerons de persévérer dans la démarche de qualité entreprise et pour faire apprécier le vin de Bandol sur tous les continents.
A ses côtés “Lulu“ est un soutien précieux, elle reçoit au domaine, l'accompagne dans ses déplacements, fait la promotion de la cuisine méditerranéenne, de l'art de vivre en Provence, participe à l'organisation des dégustations indispensables, professionnelles pour apprécier les qualités des vins ou promotionnelles pour faire connaître le caractère exceptionnel du vin de Bandol.

Pourtant, le plus dur était fait, le décret était acquis, il suffisait de suivre les directives ?
Lulu : Ne croyez pas que ce soit facile d'arracher les vignes, de pratiquer une vendange verte et de se plier aux obligations du décret, beaucoup étaient tentés de renoncer. Au domaine, on a mis plus de 20 ans à planter les nouveaux cépages. Chaque année on arrachait une parcelle et puis il fallait trouver les bons plans, les sélectionner, il fallait tout apprendre et tout faire en même temps. Il a fallut construire pierre après pierre, le domaine n'a été électrifié qu'en 1946; cette année là, nous avons acquis une camionnette pour livrer le vin, nous avons eu le téléphone en 1947, le premier tracteur en 1960... les autres domaines étaient confrontés aux mêmes problèmes. On a dit à mon mari qu'il avait fait de son domaine un domaine pilote, mais cela a demandé beaucoup de temps et beaucoup de travail.

D'autant que si j'en crois les documents que j'ai lu, il se déplaçait beaucoup?
Lulu: Les valises étaient toujours prêtes, mon mari faisait partie de nombreuses organisations, locales, régionales, nationales ou internationales, professionnelles, sociales, en plus du syndicat des producteurs de Bandol et de l'I.NA.O. Il y avait la mutuelle sociale agricole, l'académie internationale du vin, et bien d'autres... il disait que c'était important pour organiser les choses mais aussi pour faire connaître l'appellation, pour se confronter à ce qui se passait ailleurs et pour apprendre, il prétendait qu'il apprenait beaucoup au cours de ces réunions, sur la culture de la vigne, sur le vin et l'oenologie et sur l'économie de la vigne et du vin. Je l'accompagnais dans ses déplacements, à Paris, Bordeaux, Strasbourg et dans les villes de provinces ou en Europe et ailleurs dans le monde où nous avons visiter plus de vingt pays, certains plusieurs fois.

Ce n'était pas facile pour vous, vous aviez une grande famille?
Lulu: C'est notre plus belle récolte! Nous avons sept enfants et de nombreux petits enfants... j'en attends encore un mais ça ne se voit pas !
Dès les années 60, mes deux fils ont travaillé au domaine ce qui rendait les choses plus faciles.


On disait de votre mari que c'était "l'apôtre du Mourvedre", et vous, vous en êtes la grande prêtresse?
Lulu: Écoutez, chaque jour je bois un verre de Bandol à midi et un verre le soir, il m'arrive de participer aux dégustations et quand je reçois, trinquer reste un plaisir, j'ai 93 ans, pour moi le Mourvedre est un médicament!!

Propos recueillis par Gérard Normand



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Fiche d'identité
Le Domaine Tempier
1082 chemin des Fanges
83330 Le Plan du Castellet
Tel. : 04 94 98 70 21
Fax.: 04 94 90 21 65
Site internet


Producteur : Famille Peyraud
Superficie : 37 ha
Terroir : Argilo-calcaire en restanques (terrasses).
Rendement : 30 hl/ha
Viticulture : Lutte raisonnée, apport d'amendement organique, pas de traitement chimique.
Vendanges : Manuelles en caisses, tri à la vigne.

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